Prévention incendie en entreprise

Pour choisir un extincteur, il faut d’abord identifier ce qui peut brûler. En France, les classes A, B, C, D et F structurent encore le repérage usuel selon la NF EN 2 et son amendement A1. Depuis 2026, l’ISO 3941:2026 ajoute au niveau international la classe L pour les feux de batteries lithium-ion ; cette évolution ne vaut pas, à elle seule, transposition dans le référentiel français.

Ce repère aide à préparer le choix. Il ne remplace ni l’évaluation des risques du site, ni les prescriptions propres à certains établissements, ni la notice du fabricant.

Extincteur rouge fixé sur un mur avec sa signalétique de sécurité incendie
Photo : Tak Kei Wong / Unsplash.

Classes A, B, C, D, F et classe L ISO : que retenir ?

La classification porte sur la nature du combustible. Le tableau ci-dessous distingue le référentiel français et européen actuellement en vigueur de l’évolution internationale introduite en 2026 par l’ISO 3941. Les agents indiqués restent à confirmer sur le marquage de l’appareil, les essais applicables, la notice du fabricant et au regard du risque réel.

ClasseCombustiblesAgents couramment adaptésPoint de vigilance
ASolides formant des braises : bois, papier, carton, textileEau pulvérisée, eau avec additif, poudre ABCRechercher le refroidissement en profondeur et le risque de reprise.
BLiquides et solides liquéfiables : solvants, carburants, peinturesEau avec additif adaptée, mousse, poudre BC ou ABC, CO₂ selon le foyerUn jet inadapté peut disperser le liquide enflammé.
CGaz : butane, propane, méthanePoudre BC ou ABC, selon l’installationNe pas éteindre sans pouvoir couper l’alimentation en gaz en sécurité.
DMétaux combustiblesPoudre spéciale correspondant au métal concernéIl n’existe pas de solution universelle ; certains agents peuvent aggraver le feu.
FHuiles et graisses de cuissonAgent portant le marquage F, notamment eau avec additif ou mousse adaptéeNe jamais projeter d’eau ordinaire sur une huile en feu.
L — ISO 3941:2026Batteries lithium-ionLa norme ISO 3941:2026 classe le feu mais ne désigne pas, à elle seule, un agent extincteur universel.Évolution internationale 2026. À distinguer des feux de lithium métallique relevant de la classe D ; vérifier le risque de propagation thermique, les gaz, la réinflammation et la doctrine adaptée au site.

Mise à jour du 7 novembre 2026 — nouvelle classe L dans l’ISO 3941:2026

La troisième édition de l’ISO 3941, publiée le 21 janvier 2026, ajoute une classification spécifique pour les feux de batteries lithium-ion. Cette évolution reconnaît leurs caractéristiques particulières, notamment le risque d’emballement thermique, de propagation d’une cellule à l’autre, de dégagement de gaz et de réinflammation.

Attention au périmètre : au 7 novembre 2026, AFNOR indique toujours la NF EN 2 et la NF EN 2/A1 comme normes en vigueur pour les classes de feux en France ; l’amendement A1 a ajouté la classe F. La classe L doit donc être présentée comme une évolution ISO récente, et non comme une nouvelle obligation réglementaire française déjà transposée.

Enfin, une classe de feu ne constitue pas une certification d’extincteur et ne suffit pas à choisir un moyen d’extinction. Pour les batteries lithium-ion, le choix des moyens et de la conduite à tenir dépend notamment de la technologie, de la taille de la batterie, de son environnement, des instructions du fabricant et de l’analyse des risques du site.

Bon à savoir

Un équipement électrique sous tension n’est pas une classe de feu distincte. La priorité est de couper l’énergie lorsque cela peut être fait sans danger. L’emploi à proximité d’installations électriques dépend du marquage de l’extincteur, de la distance d’utilisation et des consignes du fabricant.

Comment choisir un extincteur pour un lieu de travail ?

1. Recenser les combustibles

Identifier, zone par zone, les solides, liquides inflammables, gaz, métaux, huiles de cuisson et batteries lithium-ion réellement présents, notamment les zones de charge et de stockage.

2. Repérer les risques particuliers

Prendre en compte les installations électriques, les produits chimiques, les équipements sensibles et les stockages.

3. Lire le marquage

Vérifier les pictogrammes, les classes couvertes, le mode d’emploi et les restrictions figurant sur l’appareil.

4. Organiser l’implantation

Prévoir des appareils accessibles, signalés, adaptés à la zone et maintenus en bon état de fonctionnement.

Un extincteur polyvalent n’est pas adapté à tous les risques. Une poudre ABC peut convenir à plusieurs classes, mais elle n’est pas une réponse aux feux de métaux ni aux huiles de cuisson, et elle ne constitue pas une réponse automatique aux feux de batteries lithium-ion. Ses résidus peuvent également endommager des équipements sensibles.

Le socle réglementaire dans les lieux de travail

L’article R. 4227-28 du Code du travail prévoit que l’employeur prend les mesures nécessaires pour que tout commencement d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu dans l’intérêt du sauvetage des travailleurs.

L’article R. 4227-29 impose un nombre suffisant d’extincteurs maintenus en bon état : au moins un appareil à eau pulvérisée de 6 litres pour 200 m² de plancher et un appareil au minimum par niveau. Lorsque les locaux présentent des risques particuliers, leur nombre et leur type doivent être appropriés.

À retenir

Ce minimum ne suffit pas à lui seul à dimensionner un établissement. Les règles propres aux établissements recevant du public, aux installations classées, à certains assureurs ou à des activités particulières doivent être contrôlées séparément lorsqu’elles s’appliquent.

Intervenir uniquement sur un départ de feu, sans se mettre en danger

  • Donner l’alerte et appliquer les consignes du site avant toute tentative.
  • Conserver une issue derrière soi et renoncer si les fumées, la chaleur ou le développement du feu rendent l’approche dangereuse.
  • Pour un feu de gaz, ne pas éteindre la flamme si l’alimentation ne peut pas être coupée en sécurité.
  • Pour une huile de cuisson, couper l’énergie si possible et utiliser uniquement un moyen adapté ; ne jamais jeter d’eau.
  • Après toute utilisation, même partielle, faire remettre l’appareil en état par un professionnel compétent.

Le choix des appareils doit être cohérent avec les consignes, l’évacuation et la préparation des personnes susceptibles d’intervenir. FPRP peut aider à structurer cette analyse sans substituer une règle générale à l’examen du site.

Voir l’accompagnement incendie FPRP

Questions fréquentes

Quel extincteur choisir pour du papier ou du carton ?

Ces combustibles relèvent généralement de la classe A. L’eau pulvérisée, l’eau avec additif ou une poudre ABC peuvent être adaptées selon le marquage, l’environnement et les risques associés.

Existe-t-il une classe de feu électrique ?

Non. Le risque électrique ne constitue pas une classe de feu autonome. L’ISO 3941:2026 ajoute la classe L pour les feux de batteries lithium-ion, mais il ne s’agit pas d’une « classe électrique ». Il faut couper l’alimentation lorsque cela est possible sans danger et n’utiliser qu’un appareil dont le marquage et les instructions autorisent l’emploi dans les conditions rencontrées.

Un extincteur ABC suffit-il partout ?

Non. Il ne couvre pas automatiquement les feux de métaux ou d’huiles de cuisson et peut être inadapté à des équipements sensibles. L’analyse doit être conduite zone par zone.

Sources consultées

Fabien MARGUERITE

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