
Une étude publiée par la Dares le 1er octobre 2026 analyse les liens entre prévention des risques professionnels et accidents du travail dans le secteur privé, hors agriculture. Elle met en évidence plusieurs associations entre exposition aux risques, démarches de prévention et évolution de la sinistralité. Ces résultats ne signifient toutefois pas qu’une action isolée provoque automatiquement une baisse des accidents.
Ce que montre l’étude de la Dares
La publication Dares Analyses n° 42, signée Selma Amira, indique que les accidents du travail sont plus fréquents dans la construction et dans les services sociaux, sanitaires et éducatifs. Ils sont également plus fréquents lorsque les employeurs déclarent des expositions à certains risques physiques ou organisationnels.
Parmi les situations mises en avant figurent notamment la manipulation manuelle de charges lourdes et les postures pénibles. L’étude relève aussi, dans une moindre mesure, des associations avec certains facteurs psychosociaux ou organisationnels, comme les tensions entre collègues, avec la clientèle ou le public, ou encore le travail dans l’urgence.
Prévention et baisse de la sinistralité : parler d’association, pas de causalité automatique
La Dares observe qu’en général, la mise en œuvre d’actions de prévention s’accompagne d’une baisse des accidents du travail. Certaines mesures apparaissent particulièrement associées à cette évolution, notamment la mise à disposition de nouveaux équipements de protection individuelle, l’élaboration d’un nouveau plan de prévention ou le recours à une expertise extérieure.
L’étude souligne également qu’une action sur le stress ou le mal-être au travail peut être suivie d’une baisse de la fréquence des accidents, notamment lorsque l’employeur s’appuie sur l’expertise d’un cabinet spécialisé.
Il faut néanmoins rester prudent dans l’interprétation. L’étude décrit des liens statistiques observés entre pratiques de prévention et sinistralité. Elle ne permet pas de conclure qu’une mesure prise isolément suffit, à elle seule, à faire baisser les accidents dans toutes les entreprises.
DUERP et dialogue social : deux éléments associés à la prévention
La Dares relève que l’actualisation du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), ainsi que la présence d’instances représentatives du personnel, vont de pair avec la prévention des risques professionnels et sont associées à une baisse de la fréquence des accidents dans les petits établissements.
Ce résultat rejoint une logique essentielle de prévention : partir du travail réel, identifier les expositions, hiérarchiser les risques puis traduire l’évaluation en actions concrètes et suivies.
Ce que dit le Code du travail
Cette publication de la Dares n’instaure pas de nouvelle obligation réglementaire. Les obligations de l’employeur existent indépendamment de cette étude. L’article L. 4121-1 du Code du travail prévoit notamment que l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs, en combinant prévention, information, formation, organisation et moyens adaptés.
Le DUERP doit retranscrire les résultats de l’évaluation des risques. Sa mise à jour est notamment réalisée au moins chaque année dans les entreprises d’au moins 11 salariés, lors d’un aménagement important modifiant les conditions de santé, de sécurité ou de travail, ou lorsqu’une information supplémentaire intéressant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur, conformément à l’article R. 4121-2 du Code du travail.
Par ailleurs, les résultats de l’évaluation doivent déboucher sur un programme annuel de prévention pour les entreprises d’au moins 50 salariés, ou sur une liste d’actions de prévention et de protection pour les entreprises de moins de 50 salariés, selon l’article L. 4121-3-1 du Code du travail.
Quatre pistes concrètes pour les employeurs
1. Revenir aux situations de travail réelles. Observer les tâches, les contraintes, les manutentions, les postures, les urgences et les interactions avec le public permet d’identifier les expositions qui ne ressortent pas toujours d’une analyse uniquement documentaire.
2. Actualiser le DUERP lorsque c’est nécessaire. Un accident, un presque-accident, une évolution d’activité, un nouvel équipement ou une information nouvelle sur un risque peuvent conduire à réexaminer l’évaluation.
Article FPRP associé :
DUERP : quand mettre à jour le document unique ?
3. Privilégier les mesures qui agissent sur le risque à la source. La prévention ne doit pas se limiter aux équipements individuels ou à la formation. Il faut d’abord rechercher les moyens de supprimer ou réduire l’exposition par l’organisation, les choix techniques et la protection collective, puis compléter si nécessaire par les EPI, l’information et la formation.
4. Mobiliser les bonnes compétences. Encadrement, salariés, CSE lorsqu’il existe, service de prévention et de santé au travail et intervenants spécialisés peuvent contribuer à une analyse plus complète.
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À retenir
L’intérêt principal de l’étude Dares est de conforter une approche globale : la prévention efficace repose rarement sur une action unique. L’évaluation des risques, l’organisation du travail, les équipements, le dialogue avec les équipes, l’accompagnement spécialisé et la formation doivent s’inscrire dans une démarche cohérente et suivie.
Pour FPRP, le message est simple : le DUERP n’est pas une fin en soi. Il doit servir à décider, prioriser et suivre des actions de prévention adaptées à la réalité de l’entreprise.
Pour approfondir avec FPRP
Pour passer de l’analyse aux actions, retrouvez notre guide sur le rôle du CSE après un accident du travail. Pour un éclairage sectoriel distinct, consultez aussi notre article sur la prévention dans l’aide et le soin à domicile en Île-de-France ; le champ de cette recommandation régionale ne doit pas être confondu avec celui de l’étude Dares.
Sources et portée
Dares, Selma Amira, « Quels liens entre prévention des risques professionnels et accidents du travail dans le secteur privé ? », Dares Analyses n° 42, 1er octobre 2026 :
Consulter la publication Dares citée
Références réglementaires : Code du travail, articles L. 4121-1, R. 4121-2 et L. 4121-3-1, versions en vigueur consultées sur Légifrance le 6 octobre 2026.
Code du travail : obligations de l’employeur, dont l’article L. 4121-1
Article R. 4121-2 : mise à jour du DUERP
Article L. 4121-3-1 : document unique et actions de prévention
Les propositions pratiques présentées dans cet article constituent une analyse FPRP à adapter à la situation de chaque entreprise.
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