Le monoxyde de carbone est un gaz invisible et inodore qui peut intoxiquer les occupants d’un logement. Avant de remettre le chauffage en service, quelques vérifications permettent de réduire le risque. Et si une intoxication est suspectée, la priorité est de quitter les lieux et d’alerter les secours.
Ces repères concernent la prévention à la maison. Ils distinguent les conseils du quotidien de la conduite à tenir en urgence.

1. Comprendre d’où vient le risque
Le monoxyde de carbone, ou CO, peut être produit par une combustion incomplète. Gaz, bois, charbon, fioul ou pétrole : plusieurs combustibles sont concernés. Une chaudière, un chauffe-eau, un poêle ou une cheminée mal entretenus, mal réglés ou mal utilisés peuvent en émettre.
Le danger ne se repère pas à une odeur. Un logement occupé normalement peut devenir dangereux si les gaz de combustion sont mal évacués ou si la ventilation est insuffisante. Ne cherchez pas à vérifier l’absence de CO avec vos sens.
2. Préparer le chauffage et préserver la ventilation
Avant la période de chauffe, faites vérifier vos installations et les conduits par un professionnel qualifié. Vérifiez avec lui les entretiens et échéances applicables à votre équipement ; une notice ou une obligation propre à une chaudière ne se transpose pas automatiquement à tous les appareils.
- Aérez chaque jour, au moins dix minutes, même lorsqu’il fait froid.
- Laissez les entrées et sorties d’air libres et maintenez la ventilation en bon état.
- Respectez les notices, les combustibles prévus et les conditions d’utilisation.
- Faites examiner une anomalie avant de poursuivre l’utilisation de l’appareil concerné.
Fermer les grilles pour conserver la chaleur peut compromettre le renouvellement de l’air. L’aération quotidienne complète la ventilation ; elle ne justifie pas de la supprimer.
3. Éviter les usages qui exposent les occupants
Les appareils de cuisson ne doivent pas servir de chauffage. N’utilisez pas un four, une cuisinière ou un réchaud pour réchauffer une pièce. Pour un chauffage d’appoint à combustion, Santé publique France recommande de ne pas dépasser deux heures consécutives, en respectant aussi les limites du fabricant.
Un groupe électrogène, un brasero ou un barbecue ne doit jamais fonctionner dans un espace clos, y compris un garage, une cave ou un camping-car. À l’extérieur, éloignez-les des portes, fenêtres et prises d’air pour éviter l’entrée des gaz dans le bâtiment.
Ne laissez pas non plus un moteur thermique tourner dans un garage. En cas de panne électrique ou de mauvais temps, improviser un chauffage ou une alimentation de secours à l’intérieur crée un danger supplémentaire.
4. Distinguer détecteur de fumée et détecteur de CO
Un détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF) sert à détecter les fumées d’un incendie. Un détecteur de fumée standard ne constitue pas un dispositif de détection du monoxyde de carbone.
Un détecteur de CO répond à un autre besoin. Pour son installation, ses essais, son entretien et son remplacement, suivez la notice du modèle. La DGCCRF rappelle que certains appareils commercialisés peuvent présenter des défauts : la présence d’un détecteur ne doit pas créer un sentiment de sécurité suffisant à lui seul.
Aucun capteur ne remplace l’entretien des installations, la ventilation et une utilisation adaptée des appareils.
5. Reconnaître une suspicion et réagir sans attendre
Maux de tête, fatigue inhabituelle, nausées, vomissements ou vertiges doivent alerter, notamment si plusieurs personnes présentent des symptômes dans le même lieu en présence d’un appareil à combustion. Une alarme de CO doit également être prise au sérieux ; n’attendez pas l’apparition de symptômes pour vous mettre en sécurité.
En cas de suspicion d’intoxication :
- Quittez les lieux sans attendre. Aérez et arrêtez les appareils uniquement si cela peut se faire sans vous exposer ni retarder la sortie.
- Depuis l’extérieur, appelez le 15, le 18 ou le 112. Indiquez une suspicion de monoxyde de carbone et suivez les instructions reçues.
- Ne retournez pas chercher la panne. Attendez les consignes des secours pour la suite.
La recherche de la cause et la remise en service relèvent des intervenants compétents. Une amélioration des symptômes à l’air libre ne doit pas conduire à retourner dans le logement pour vérifier soi-même l’installation.