SST et secourisme

Le Code du travail n’impose pas un défibrillateur automatisé externe dans toutes les entreprises. L’obligation d’équipement vise toutefois les établissements recevant du public des catégories 1 à 4 et certains ERP de 5e catégorie. Dans les autres situations, la décision doit s’intégrer à l’évaluation des risques et à l’organisation des secours.

Installer un DAE utile, ce n’est pas seulement acheter un appareil : il faut pouvoir le trouver, l’utiliser et le maintenir opérationnel.

Par Fabien MARGUERITE
Défibrillateur automatisé externe installé dans un espace accessible au public.
Photo d’illustration — P. L. / Unsplash. L’installation photographiée illustre l’accessibilité d’un DAE ; elle ne constitue pas un modèle réglementaire français.
Public et périmètre : employeurs privés, responsables prévention et exploitants ou propriétaires d’ERP en France. Les règles propres aux services publics, aux établissements de santé et à certaines activités peuvent compléter ce socle. Cet article ne remplace ni l’évaluation des risques, ni l’avis du service de prévention et de santé au travail, ni les prescriptions du fabricant.

Le DAE est-il obligatoire dans toutes les entreprises ?

Non. Les articles R. 4224-14 et R. 4224-16 du Code du travail imposent un matériel de premiers secours adapté, facilement accessible, et une organisation des secours adaptée aux risques. Ils ne désignent pas le DAE comme équipement obligatoire pour chaque entreprise. L’INRS confirme cette distinction.

En revanche, l’article R. 157-1 du Code de la construction et de l’habitation impose un DAE aux ERP des catégories 1 à 4 et à certains ERP de 5e catégorie : notamment certaines structures pour personnes âgées ou handicapées, établissements et centres de santé, établissements sportifs couverts, salles de danse ou de jeux, gares, aéroports, hôtels-restaurants d’altitude et refuges gardés, dans les conditions prévues par le texte.

À retenir : « entreprise » et « ERP » ne sont pas des catégories interchangeables. Il faut d’abord identifier le statut du bâtiment, sa catégorie et son activité avant de conclure à une obligation d’équipement.

Comment décider lorsqu’il n’existe pas d’obligation d’équipement ?

La décision relève de l’employeur dans le cadre de l’évaluation des risques et de l’organisation des secours. Le DAE peut être pertinent lorsque les secours extérieurs sont éloignés ou difficiles d’accès, que l’effectif ou la fréquentation est élevé, ou que l’activité comporte des risques particuliers. Ces repères sont des éléments d’analyse, pas des seuils réglementaires automatiques.

01 — Temps d’accèsLocaliser les secours externes, les contraintes d’accès au site et les délais plausibles.
02 — PopulationPrendre en compte salariés, visiteurs, public accueilli et organisation réelle des horaires.
03 — RisquesExaminer les situations pouvant augmenter le besoin de réponse rapide, sans réduire l’analyse au seul risque électrique.
04 — OrganisationVérifier qui alerte, qui guide les secours et comment l’appareil reste accessible.

Conseil FPRP : formaliser cette analyse avec le service de prévention et de santé au travail et l’intégrer aux mesures de secours de l’établissement.

Où installer et comment signaler le défibrillateur ?

Dans un ERP soumis à l’obligation, l’article R. 157-2 du Code de la construction et de l’habitation prévoit un emplacement visible du public et en permanence facile d’accès. L’arrêté du 29 octobre 2019 fixe la signalisation applicable et exige un emplacement facilement accessible permettant l’utilisation permanente par toute personne présente dans l’enceinte de l’établissement.

Dans les lieux de travail, le matériel de premiers secours doit aussi être signalé par panneaux conformément à l’article R. 4224-23 du Code du travail. Concrètement, évitez un local verrouillé, un meuble encombré ou un emplacement connu d’une seule personne.

Quels contrôles organiser après l’installation ?

Le DAE est un dispositif médical. Pour les ERP, l’article R. 157-4 du Code de la construction et de l’habitation, dans sa version en vigueur depuis le 22 avril 2026, impose au propriétaire de veiller à la maintenance de l’appareil, de ses accessoires et aux contrôles de qualité applicables.

Le ministère chargé de la Santé rappelle que l’exploitant suit les préconisations du fabricant et tient à jour les composants : batterie, électrodes, logiciel et consommables. La périodicité ne doit donc pas être inventée ; elle dépend de la notice, des conditions d’installation et des alertes de l’appareil.

  • Désigner un responsable et son remplaçant.
  • Vérifier régulièrement le témoin d’état et l’intégrité du boîtier.
  • Tracer les dates de péremption des électrodes et de la batterie.
  • Consigner les opérations, incidents, utilisations et remises en service.
  • Déclarer et maintenir à jour les données du DAE dans la base nationale Géo’DAE.

Faut-il être formé pour utiliser un DAE ?

L’article R. 6311-15 du Code de la santé publique permet à toute personne, même non médecin, d’utiliser un DAE conforme. Une formation préalable spécifique n’est donc pas une condition juridique à son utilisation.

Cette absence d’obligation ne rend pas la préparation inutile. L’utilisation du DAE s’inscrit dans une chaîne d’actions : reconnaître l’arrêt cardiaque, alerter les secours, commencer la réanimation cardio-pulmonaire, suivre les instructions de l’appareil et accueillir les secours. Une sensibilisation et des exercices permettent de rendre l’organisation réellement opérante.

Sources officielles et techniques

Sources consultées le 1er novembre 2026. Les obligations ERP, les obligations de l’employeur et les conseils d’organisation sont distingués. Aucune disponibilité commerciale particulière n’est annoncée dans cet article.

Pour aller plus loin

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