Préparer les salariés à une intrusion ou à une menace violente ne consiste pas à leur demander d’intervenir face à un agresseur. Il s’agit d’anticiper, de savoir alerter et de choisir le comportement le plus protecteur selon la situation.
Dans un établissement accueillant du public, ces consignes doivent être connues de l’équipe d’accueil, de l’encadrement et des personnels concernés.

À retenir : les consignes adaptées à une menace violente ne sont pas celles d’un départ de feu. Selon l’emplacement du danger, quitter la zone peut être préférable ; si la sortie est dangereuse, rechercher un abri peut être nécessaire. Une fois en sécurité, alerter les forces de l’ordre et suivre leurs consignes.
Qui est concerné ?
Le sujet concerne les entreprises, les collectivités, les établissements médico-sociaux et les établissements recevant du public (ERP) où travaillent des salariés, agents ou intervenants en contact avec le public.
Chaque site possède ses propres accès, effectifs, publics et contraintes. Un établissement accueillant des personnes à mobilité réduite, par exemple, doit anticiper leur accompagnement sans leur promettre une évacuation toujours possible.
Ce guide apporte des repères généraux de préparation. Il ne remplace pas les prescriptions particulières éventuellement applicables à certaines activités, ni les consignes des autorités en cas d’événement réel.
Obligations réglementaires et recommandations : quelle différence ?
Obligation générale de l’employeur. L’article L. 4121-1 du Code du travail impose de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs, notamment par la prévention, l’information, la formation et une organisation adaptée.
Recommandations de sûreté. Le SGDSN propose des bonnes pratiques destinées aux lieux accueillant du public : vigilance, anticipation des situations, organisation et réactions appropriées.
Cadre national. Le plan Vigipirate organise la vigilance, la prévention et la protection à l’échelle nationale. Sa présentation générale a été actualisée par le SGDSN en juin 2026.
Bon à savoir : il ne faut pas présenter un « plan attentat » identique comme une obligation universelle imposée à tout ERP, quelle que soit son activité. Il convient de vérifier les textes spécifiques à l’établissement et de construire une organisation adaptée.
Comment préparer les équipes sans créer de fausse sécurité ?
1. Identifier les interlocuteurs
Déterminer qui alerte les collègues, qui contacte les secours et qui accueille les forces de l’ordre si les conditions permettent de le faire sans danger.
2. Faire connaître les consignes
Expliquer comment signaler un comportement préoccupant et comment transmettre une information factuelle sans confrontation ni prise de risque.
3. Anticiper les publics
Prendre en compte les visiteurs, les personnes handicapées, les personnes accompagnées et le personnel isolé au poste d’accueil.
4. Tester l’organisation
Prévoir des exercices progressifs adaptés au public, suivis d’un retour d’expérience, sans créer de panique ni divulguer des informations sensibles sur le site.
Les mesures d’accès et de vigilance doivent rester compatibles avec la sécurité incendie : une issue de secours ne doit pas être rendue inutilisable au nom de la sûreté.
Que faire si une menace violente survient ?
Le ministère de l’Intérieur rappelle trois réflexes : « S’échapper, Se cacher, Alerter ». Leur application dépend toujours de la situation et des possibilités de se mettre réellement à l’abri.
- S’éloigner du danger si un cheminement sûr existe. Ne pas chercher à intervenir physiquement face à une personne armée ou violente.
- Si sortir expose au danger, rechercher une protection. Se mettre hors de vue et suivre les consignes de sécurité connues lorsque cela est possible.
- Alerter les forces de l’ordre dès que l’on est en sécurité. Appeler le 17 ou le 112 et transmettre des informations factuelles, sans se mettre en danger pour observer davantage.
- Appliquer les consignes des forces de l’ordre et des autorités. Ne pas reprendre l’activité ni ouvrir les accès avant que la situation ne soit déclarée sûre.
Ces recommandations sont distinctes d’une conduite à tenir en cas d’incendie. Le bon choix ne peut pas être réduit à « toujours évacuer » ou « toujours se confiner ».
Exemple pédagogique fictif
Dans un établissement de services, une personne adopte un comportement manifestement menaçant à l’accueil. Le salarié ne cherche pas à maîtriser cette personne : il transmet l’alerte selon l’organisation prévue et cherche à se mettre en sécurité. L’encadrement adapte ensuite la mise en sûreté aux informations disponibles et aux instructions des forces de l’ordre.
Après l’événement, l’établissement analyse l’organisation de l’alerte, le fonctionnement des moyens de communication et les difficultés rencontrées, sans désigner de fautif sur la base d’hypothèses.
Questions fréquentes
Une consigne intrusion remplace-t-elle l’évacuation incendie ?
Non. Les dangers et les comportements de protection peuvent être différents. Les deux organisations doivent rester cohérentes, notamment pour les accès et les cheminements de secours.
Faut-il organiser exactement le même exercice dans tous les ERP ?
Non. Les besoins et les obligations spécifiques varient selon l’activité, le public accueilli et le cadre réglementaire applicable. Les exercices proposés dans cette démarche sont à adapter.
Le personnel d’accueil doit-il neutraliser une personne menaçante ?
Non. Le personnel ne doit pas être invité à se mettre en danger. La priorité est de se protéger, d’alerter et de suivre les consignes des autorités compétentes.
Sources institutionnelles consultées
- Code du travail, article L. 4121-1, version en vigueur depuis le 1er octobre 2017.
- SGDSN, Guide des bonnes pratiques pour la sûreté des espaces publics, publication du 17 décembre 2021.
- SGDSN, Le plan Vigipirate : faire face ensemble, version du plan annoncée en juin 2026.
- Ministère de l’Intérieur, Comment réagir en cas d’attaque terroriste ?, campagne publiée le 4 décembre 2015.
Sources consultées le 27 octobre 2026. Les conseils organisationnels doivent être adaptés au site, à ses obligations spécifiques et à ses publics.