Un salarié fait un malaise, un collègue se blesse dans un atelier : chacun doit pouvoir savoir qui prévenir, comment appeler les secours et par où les guider. Une trousse de secours disponible et des salariés formés sont essentiels. Leur efficacité dépend aussi d’une organisation connue, adaptée aux risques et utilisable à chaque horaire de travail.

Voici les points à examiner pour construire une consigne d’urgence opérationnelle. Il s’agit de repères de prévention à adapter à votre établissement, et non d’un modèle universel ni de l’annonce d’une nouvelle réglementation.
1. Partir des risques et du cadre applicable
L’article R. 4224-16 du Code du travail prévoit qu’en l’absence d’infirmiers, ou si leur nombre ne permet pas une présence permanente, l’employeur organise les premiers secours après avis du médecin du travail. Les mesures sont adaptées aux risques, préparées en liaison notamment avec les secours d’urgence extérieurs et consignées dans un document accessible à l’agent de contrôle de l’inspection du travail.
L’INRS recommande de porter la conduite à tenir à la connaissance du personnel et de la rendre facilement accessible. La rédaction doit donc partir des situations réelles : ateliers éloignés, étages, interventions extérieures, horaires décalés ou accès fermés au public. Un document générique comportant seulement des numéros de téléphone laisse ces difficultés sans réponse.
2. Donner les informations utiles pour alerter
La consigne précise les personnes et les services à prévenir selon l’organisation retenue : SST, personnel de santé, secours extérieurs. L’INRS rappelle notamment les numéros 15 pour le Samu, 18 pour les sapeurs-pompiers et 112 pour l’appel d’urgence européen. Le circuit interne doit être clair et permettre l’alerte des secours adaptée à la situation.
| Information à prévoir | Point concret à vérifier sur votre site |
|---|---|
| Localisation | Adresse complète, bâtiment, étage, atelier et entrée à utiliser. |
| Moyen d’appel | Téléphone accessible, numéro à composer et éventuelle particularité du standard. |
| Message d’alerte | Identité et numéro de l’appelant, circonstances, dangers persistants, nombre et état apparent des victimes. |
| Accueil des secours | Personne pouvant rejoindre l’entrée, modalités d’ouverture et cheminement jusqu’au lieu de l’événement. |
L’appelant suit les instructions de son interlocuteur et ne raccroche que lorsque celui-ci le lui demande. Prévoir l’accueil des secours évite qu’une équipe arrivée sur place perde du temps à rechercher le bon accès.
3. Identifier les personnes et les moyens réellement disponibles
La consigne doit permettre de joindre les personnes formées présentes, avec une organisation qui tient compte des absences et des différents horaires. Il faut examiner la couverture réelle du site, plutôt que s’appuyer uniquement sur une liste de certificats.
L’article R. 4224-15 impose une formation de secouriste pour un membre du personnel dans chaque atelier où sont réalisés des travaux dangereux, ainsi que sur chaque chantier réunissant au moins vingt travailleurs pendant plus de quinze jours avec de tels travaux. Ces personnes ne remplacent pas les infirmiers. Ce texte ne fixe pas un pourcentage universel de SST valable pour toute entreprise.
Le matériel de premiers secours doit être adapté aux risques et facilement accessible, conformément à l’article R. 4224-14. La consigne peut indiquer son emplacement, celui du défibrillateur lorsqu’un appareil est présent et les modalités d’accès. La disponibilité du matériel et son contrôle doivent être organisés.
4. Articuler la consigne avec les autres procédures
L’organisation des secours à une personne accidentée ou malade et les consignes de sécurité incendie répondent à des besoins complémentaires. Les circuits d’alerte, les rôles, l’évacuation et l’accueil des intervenants doivent rester cohérents. Une fiche « accident ou malaise » ne suffit pas à couvrir toutes les obligations propres à l’incendie ou à certains établissements.
La consigne ne transforme pas les salariés en intervenants spécialisés. Les dangers persistants et les limites d’intervention doivent être pris en compte ; les gestes de secours relèvent de la formation et des instructions des services de secours.
5. Vérifier que la consigne peut être appliquée
Proposition pratique FPRP : organiser une courte vérification sur le terrain, sans appeler les numéros d’urgence pour un simple essai. Demander à un salarié de retrouver la consigne, d’indiquer l’adresse à communiquer et de décrire comment un intervenant accèderait à l’atelier. Contrôler aussi l’organisation lorsque l’accueil habituel est fermé.
Après un changement de locaux, d’effectif, d’horaires ou de moyens d’alerte, réexaminer les informations. Une mise en situation préparée permet de repérer une adresse incomplète, une personne injoignable ou une clé inaccessible, puis de corriger l’organisation. La date de vérification et la personne chargée des mises à jour facilitent le suivi.
La formation SST et le MAC SST peuvent aider à relier les compétences des salariés à cette organisation. FPRP vous accompagne pour préciser votre besoin de formation et de prévention.
Sources et références
Références consultées le 22 octobre 2026. Les articles du Code du travail ont été lus sur le portail officiel du ministère chargé du Travail. Les dossiers INRS apportent des repères de prévention ; cet article propose leur mise en pratique sans remplacer l’analyse propre à votre établissement.
- Code du travail — article R. 4224-16 : organisation des premiers secours.
- Code du travail — article R. 4224-15 : personnel formé au secourisme.
- Code du travail — article R. 4224-14 : matériel de premiers secours.
- INRS — Organisation des secours : ce qu’il faut retenir.
- INRS — Alerte et signalisation des moyens de secours.
- INRS — Matériel de premiers secours.