
SST / SECOURISME — Organisation des premiers secours
Une trousse de secours ne doit pas simplement être présente dans l’entreprise : son contenu doit correspondre aux risques, son emplacement doit être connu et les fournitures doivent rester utilisables lorsqu’un accident survient.
Il n’existe pas de composition réglementaire universelle d’une trousse. Voici les obligations et un exemple de matériel inspiré de l’INRS, à adapter après avis du médecin du travail.
À retenir : le Code du travail impose un matériel de premiers secours adapté aux risques et facilement accessible. La liste ci-dessous est indicative, non obligatoire : elle ne remplace ni l’évaluation des risques ni l’organisation des secours.
Que prévoit réellement la réglementation ?
Obligation. L’article R. 4224-14 du Code du travail prévoit un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible.
Signalisation. L’article R. 4224-23 impose une signalisation du matériel de premiers secours par panneaux.
Organisation. En l’absence d’infirmiers ou lorsque leur nombre ne permet pas une présence permanente, l’article R. 4224-16 prévoit que l’employeur prenne, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires aux premiers secours, en lien notamment avec les services d’urgence extérieurs. Ces mesures sont consignées dans un document tenu à disposition de l’inspection du travail.
Ces textes ne prescrivent pas une quantité identique de pansements ou de compresses pour toutes les entreprises. Un atelier, un bureau ou un établissement médico-social n’ont pas nécessairement les mêmes besoins.
Exemple de composition d’une trousse de secours
La liste suivante est une proposition pédagogique inspirée de l’INRS QR 136, publiée en mars 2019. Elle doit être adaptée aux risques réels de l’établissement, aux compétences des utilisateurs et à l’avis du médecin du travail. Ce n’est ni une liste légale ni un kit obligatoire identique partout.
Protection du sauveteur
- Gants médicaux à usage unique
- Gel hydroalcoolique
- Dispositif de protection pour le bouche-à-bouche
Prise en charge des plaies
- Savon liquide en dose ou flacon
- Antiseptique selon l’avis du médecin du travail
- Compresses stériles
- Pansements adhésifs emballés
- Sparadrap hypoallergénique
- Bandes extensibles
- Ciseaux à bouts ronds
Prise en charge des hémorragies
- Pansement compressif ou matériel pour sa réalisation
- Garrot adapté lorsque l’évaluation des risques, la formation et l’organisation des secours le justifient
Autres équipements possibles
- Couverture de survie
- Moyen adapté de collecte des déchets issus des premiers soins, selon les besoins
Équipements spécifiques : selon les situations, un dispositif de rinçage oculaire, du matériel adapté aux brûlures, un nécessaire pour membre sectionné ou un tire-tique peuvent être utiles. Leur choix doit être justifié par les risques, et les conduites à tenir par les consignes de secours. Pour une brûlure, ne pas substituer automatiquement un produit au refroidissement à l’eau lorsqu’il est indiqué.
Point de vigilance sur le garrot : sa présence ne suffit pas ; seuls des intervenants ayant reçu l’apprentissage adapté doivent l’utiliser, selon les recommandations applicables et l’organisation de l’entreprise.
Médicaments : la trousse utilisée par des salariés non professionnels de santé n’a pas vocation à permettre une administration libre de médicaments. Les situations d’urgence particulières requièrent un cadre médical approprié et, le cas échéant, un protocole du médecin du travail. Ne pas improviser de prescription.
Comment assurer le suivi de la trousse ?
Le Code du travail n’impose pas une fréquence mensuelle universelle de vérification. Conseil FPRP : définir une périodicité et un responsable selon les risques, l’utilisation du matériel et les conditions de travail.
- Définir la composition en concertation avec le médecin du travail, d’après l’évaluation des risques.
- Vérifier le lieu de stockage et l’accès ainsi que la signalisation et la connaissance des consignes.
- Contrôler les fournitures : emballages, quantités, dates de péremption et adéquation aux besoins.
- Réapprovisionner après utilisation sans attendre une vérification périodique.
- Tracer simplement les contrôles et les remplacements, sans présenter cette traçabilité pratique comme une exigence réglementaire mensuelle.
Exemple pédagogique fictif : une trousse incomplète en maintenance
Dans une entreprise de maintenance, un salarié découvre que plusieurs pansements ont été utilisés et que certains consommables ne sont plus disponibles. L’entreprise réapprovisionne, désigne une personne pour le suivi et revoit avec le médecin du travail l’adéquation du matériel aux risques observés. Cette organisation évite qu’une trousse théoriquement disponible soit inutilisable lors d’un accident.
Questions fréquentes
Faut-il une trousse de secours dans chaque bureau ?
Le Code du travail impose un matériel adapté, accessible et signalé. Il n’impose pas une trousse distincte dans chaque pièce : l’implantation est à apprécier selon les locaux et les risques.
Un contrôle mensuel est-il obligatoire ?
Non : il n’existe pas de fréquence mensuelle réglementaire universelle pour les trousses. Un suivi adapté doit néanmoins permettre de maintenir le matériel disponible et en état, notamment après utilisation.
Peut-on acheter une trousse standard et considérer l’obligation remplie ?
Pas sans vérifier son adéquation à l’activité. La composition, l’accessibilité, la signalisation, les consignes et l’organisation des secours doivent être adaptées aux risques professionnels de l’établissement.
Sources et portée des conseils
- Code du travail, article R. 4224-14, version en vigueur depuis le 1er mai 2008
- Code du travail, article R. 4224-16, version en vigueur depuis le 13 février 2021
- Code du travail, article R. 4224-23, version en vigueur depuis le 1er mai 2008
- INRS, QR 136, « Trousse de secours. Quelle est sa composition ? Peut-on la doter de médicaments ? », Références en santé au travail, n°157, mars 2019
- INRS, Organisation des secours : matériel de premiers secours, fiche institutionnelle
- INRS, Quel matériel de premiers secours doit être disponible dans les entreprises ?, focus juridique
Références légales et institutionnelles consultées le 15 octobre 2026. Les suggestions pratiques FPRP doivent être adaptées à l’entreprise et ne sont pas des obligations réglementaires supplémentaires.