Couloir d’un établissement hospitalier avec portes ouvertes et signalétique lumineuse de sortie de secours.
Photo d’illustration — Cory Mogk / Unsplash.

Réponse courte : dans un établissement comportant des locaux à sommeil, l’organisation d’exercices de nuit peut être expressément prévue par la réglementation selon le type et la catégorie de l’ERP. Pour les établissements de type R relevant de l’article R 33, des exercices de nuit doivent être organisés lorsque l’établissement comporte des locaux réservés au sommeil. En 5e catégorie, l’article PE 27 impose également que le personnel soit instruit sur la conduite à tenir en cas d’incendie et entraîné à la manœuvre des moyens de secours.

Pourquoi organiser un exercice d’évacuation de nuit ?

La nuit, l’organisation d’un établissement peut être très différente de celle de la journée : effectif réduit, personnels répartis sur plusieurs bâtiments, occupants endormis, accès à certains locaux techniques, fonctionnement du SSI et procédures de levée de doute spécifiques. Un exercice nocturne permet donc de vérifier l’organisation réellement disponible pendant cette période, et pas seulement celle prévue sur le papier.

L’objectif n’est pas uniquement de mesurer un temps d’évacuation. L’exercice doit permettre d’observer la réaction des équipes, l’identification de la zone concernée, la transmission de l’alerte, la mise en sécurité des occupants, le recensement et l’accueil des secours.

Que prévoit l’article R 33 pour les établissements de type R ?

L’article R 33 du règlement de sécurité ERP prévoit des exercices pratiques d’évacuation au cours de l’année scolaire ou universitaire. Lorsque l’établissement comporte des locaux réservés au sommeil, des exercices de nuit doivent également être organisés.

Le même article précise que ces exercices doivent entraîner les élèves et le personnel à la conduite à tenir en cas d’incendie, être représentatifs d’une situation réaliste préparée à l’avance et faire l’objet d’une information adaptée. Les conditions de déroulement et le temps d’évacuation sont consignés au registre de sécurité.

Point de vigilance : l’article R 33 concerne les établissements de type R relevant de ces dispositions. Pour un établissement de 5e catégorie, il convient également de se référer aux dispositions spécifiques du Livre III, notamment à l’article PE 27.

ERP de 5e catégorie : que prévoit l’article PE 27 ?

L’article PE 27 § 5 prévoit que le personnel doit être instruit sur les conduites à tenir en cas d’incendie et être entraîné à la manœuvre des moyens de secours.

Cette obligation justifie de ne pas limiter la prévention incendie à une consigne affichée. Les personnels doivent connaître les procédures de l’établissement et pouvoir les mettre en œuvre dans des conditions proches de la réalité : déclenchement de l’alarme, utilisation du SSI, alerte, évacuation ou mise en sécurité, recensement et transmission des informations utiles aux secours.

Que prévoit le Code du travail pour les exercices incendie ?

Lorsque les dispositions relatives à la consigne de sécurité incendie du Code du travail sont applicables, l’article R.4227-39 prévoit des exercices et essais périodiques au moins tous les six mois. Les travailleurs doivent notamment apprendre à reconnaître le signal d’alarme générale, à se servir des moyens de premier secours et à exécuter les différentes manœuvres nécessaires.

La date de ces exercices et les observations auxquelles ils donnent lieu doivent être consignées sur un registre. La périodicité de six mois provient donc du Code du travail lorsqu’il est applicable ; elle ne doit pas être attribuée à l’article R 33, qui formule ses propres exigences pour les établissements de type R concernés.

Quels points contrôler pendant un exercice de nuit ?

Réaction au déclenchement de l’alarme

Il faut vérifier que le personnel identifie immédiatement le signal, applique les consignes prévues et prend en compte les occupants présents, notamment les personnes endormies ou nécessitant un accompagnement particulier.

Levée de doute et utilisation du SSI

Le personnel doit pouvoir identifier rapidement la zone concernée à partir du SSI ou du tableau de report, connaître les accès et réaliser la levée de doute uniquement lorsque celle-ci peut être effectuée sans exposition au danger. Aucun agent ne doit s’engager dans une zone enfumée pour vérifier un départ de feu.

Organisation de l’évacuation et recensement

L’exercice permet de vérifier les cheminements, les rôles de chacun, le point de rassemblement, le contrôle des locaux et le recensement des occupants, des salariés et, lorsqu’il y en a, des visiteurs.

Alerte et accueil des sapeurs-pompiers

L’accès des secours doit être anticipé : portail, clés ou badges, plan d’intervention, adresse précise, informations sur la zone concernée et présence éventuelle de personnes non recensées. Un exercice réaliste doit tester cette chaîne complète.

Un exercice peut-il être inopiné ?

Oui, un exercice peut être inopiné pour les personnels concernés tout en étant préparé en amont par les responsables de l’exercice. C’est une distinction importante : le scénario, les mesures de sécurité et les critères d’observation doivent être préparés ; en revanche, il n’est pas nécessaire que tous les participants connaissent à l’avance la date ou le scénario.

Une alternance entre exercices annoncés et inopinés peut permettre de travailler d’abord l’apprentissage des procédures puis d’évaluer leur appropriation en situation plus réaliste.

Grille pratique FPRP : tester l’organisation en effectif restreint

Cette grille aide le responsable d’établissement à préparer un exercice et à consigner des observations utiles. Elle doit être adaptée aux consignes du site, aux personnes accueillies et aux effectifs réellement disponibles. Elle constitue un outil de préparation, et non un audit réglementaire exhaustif.

Avant de commencer : préparer le scénario avec la direction, désigner un responsable de l’exercice et définir les conditions d’arrêt. Maintenir la surveillance et l’accompagnement nécessaires aux occupants. Ne pas appeler réellement les secours pour tester l’alerte sans coordination préalable ; prévoir une simulation. Aucun participant ne doit traverser une zone enfumée, et aucune issue ne doit être rendue inutilisable pour les besoins du scénario.

Point à observerVérification pratiqueTrace à conserver
Effectifs et répartition des rôlesQui consulte le report, transmet l’alerte et accompagne les occupants avec l’équipe réellement présente ? Les tâches sont-elles réalisables sans abandonner une mission essentielle ?Rôles, suppléances et difficulté rencontrée.
Localisation de la zoneComparer le libellé du SSI ou du report d’alarme avec le plan et le repérage des bâtiments, sans engagement dans une zone dangereuse.Libellé ambigu, plan manquant ou repérage à améliorer.
Consignes SSI et remise en serviceVérifier que les agents connaissent les commandes autorisées et disposent d’une procédure complète. Prévoir la remise en service sous le contrôle du responsable désigné, sans réarmement prématuré.Procédure disponible, agent désigné, anomalie à transmettre au mainteneur.
Clés, badges et accèsVérifier leur disponibilité et leur identification. L’accès à un local technique ne doit jamais conduire un agent à s’exposer au danger.Accès non disponible et solution organisationnelle retenue.
Mise en sécurité des occupantsTester la procédure propre au site, les itinéraires utilisables et l’accompagnement des personnes qui en ont besoin, plutôt qu’une évacuation générale improvisée.Zone de mise en sécurité ou point de rassemblement, difficulté d’accompagnement.
Recensement, alerte et accueil des secoursRapprocher les personnes attendues des personnes recensées, simuler un message d’alerte précis et identifier qui accueille les secours.Écart de recensement, information manquante et action corrective.

Exemple pédagogique : un report d’alarme difficile à interpréter

Dans un site comportant plusieurs bâtiments, un agent peut savoir consulter le report d’alarme sans parvenir à associer le libellé affiché au bon emplacement. Un exercice permet de repérer cette difficulté. Les pistes d’amélioration sont alors concrètes : plan de repérage à proximité du report, dénominations cohérentes avec les consignes et entraînement des équipes à localiser la zone. Un nouvel essai permet ensuite de vérifier l’efficacité de ces mesures, sans exposer les participants au danger.

Après l’exercice : pour chaque écart, noter une action, un responsable, une échéance et la manière de vérifier que le problème est résolu. L’alerte et la mise en sécurité ne doivent pas attendre une levée de doute exposant le personnel. Pour les principes généraux d’organisation, consulter le dossier INRS : évacuation, intervention et consignes de sécurité.

Que consigner après l’exercice ?

Un compte rendu utile ne se limite pas au temps d’évacuation. Il doit faire apparaître les horaires principaux, les réactions observées, les difficultés rencontrées, les écarts de procédure et les actions correctives proposées. Les observations réglementairement requises doivent être reportées dans le registre concerné.

Les actions peuvent ensuite être hiérarchisées : correction d’une procédure SSI, amélioration du plan de repérage, mise à disposition de clés ou badges, clarification du point de rassemblement, formation des équipes de nuit ou nouvel exercice après mise en œuvre des mesures prioritaires.

FPRP accompagne les exercices d’évacuation de jour et de nuit

FPRP peut accompagner les entreprises et établissements dans la préparation, l’observation et l’analyse de leurs exercices d’évacuation. La prestation peut intégrer un scénario adapté au site, l’observation des comportements, le chronométrage, un débriefing et un compte rendu avec plan d’actions.

Découvrez également notre page formation incendie et évacuation en entreprise et notre article Comment organiser efficacement un exercice d’évacuation incendie ?.

Questions fréquentes

Un exercice d’évacuation doit-il obligatoirement être réalisé tous les six mois ?

La périodicité minimale de six mois est prévue par l’article R.4227-39 du Code du travail lorsque ses conditions d’application sont réunies. D’autres textes ERP peuvent prévoir des exigences spécifiques selon le type, la catégorie et l’activité de l’établissement.

Un exercice de nuit est-il obligatoire lorsqu’il existe des locaux à sommeil ?

Pour un établissement de type R relevant de l’article R 33, oui : des exercices de nuit doivent être organisés lorsqu’il comporte des locaux réservés au sommeil. Pour les autres situations, il faut vérifier les textes propres au classement de l’établissement.

Faut-il prévenir le personnel avant l’exercice ?

Pas nécessairement. L’exercice peut être inopiné pour le personnel, à condition que le scénario et les conditions de sécurité aient été préparés par les organisateurs. Un exercice annoncé peut également être pertinent lorsqu’il s’agit d’apprendre ou de consolider une procédure.

Que faut-il vérifier avec une équipe de nuit en effectif restreint ?

Il est notamment utile de vérifier la répartition des missions, la consultation du SSI, la levée de doute, l’alerte, l’accompagnement des occupants, l’évacuation ou la mise en sécurité, le recensement et l’accueil des secours avec les effectifs réellement disponibles la nuit.

Dernière mise à jour : octobre 2026.
Auteur : Fabien MARGUERITE, formateur et consultant en santé et sécurité au travail chez FPRP. Profil professionnel LinkedIn de Fabien MARGUERITE.
Les obligations applicables dépendent du classement et de la configuration de chaque établissement ; les textes officiels doivent être vérifiés au regard de la situation concernée.

La Veille Prévention FPRP

Recevez chaque mois une sélection d’actualités et de recommandations utiles en santé et sécurité au travail.

Inscription volontaire avec confirmation par e-mail. Désinscription à tout moment.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

FPRP - Gestion des cookies

Notre site utilise des cookies uniquement pour garantir son bon fonctionnement et optimiser ses performances techniques.